Dans trois études publiées la semaine dernière, l’ADEME vient apporter des réponses sur les leviers d’action permettant de massifier la rénovation énergétique des logements. Au-delà des études, il ressort deux axes sur lesquels travailler : la transparence des prix des travaux et les besoins des ménages. Explications.

 

Une plus grande transparence sur les prix des travaux

Aujourd’hui, une transparence sur les prix des travaux de rénovation énergétique semble essentielle. La question financière est un facteur qui conditionne l’engagement des particuliers dans des gestes de rénovation ou limite leurs ambitions dans leur réalisation.

Apporter de la visibilité sur les prix des travaux, c’est avant tout apporter de la visibilité sur le marché de la rénovation énergétique. Selon l’étude de l’ADEME, les particuliers sont encore trop réticents à se lancer. Les ménages craignant de ne pas pouvoir financer les gestes ou établir un budget de rénovation fiable et sûr.

En filigrane, la mise en place d’un observatoire des prix des travaux de rénovation énergétique apparaît comme une solution pour pallier cette problématique. Avant la mise en place d’un tel outil, l’ADEME a réalisé une étude statistique des prix des travaux sur différents secteurs dont l’isolation thermique et le changement des systèmes de chauffage.

Sur l’isolation thermique, le prix des gestes d’isolation sur les planchers bas et les combles perdues varient dans une fourchette étroite. A titre d’exemple, la fourchette de prix surfacique pour l’isolation des planchers bas oscillent entre 40€/m2 et 60€/m2. Pour les autres types d’isolation thermique, la fourchette de variation est plus importante, ces types de gestes nécessitent de gérer une certaine complexité. Ainsi, l’isolation des murs par l’extérieur apparaît être l’intervention la plus couteuse avec un coût surfacique estimé entre 110€/m2 et 180€/m2.

Sur le changement de système de chauffage, la situation est différente, les fourchettes de prix diffèrent en fonction du type d’équipement et de leur puissance. Cependant, c’est bien sur ce marché que l’on peut voir des écarts de prix substantiel. A titre d’exemple, pour une chaudière bois, le prix de l’équipement oscille entre 2257€ et 15 085€, soit une multiplication par 6 du prix. Mais, il reste difficile de comparer un équipement simplement sur son appellation, sans comparer sa puissance ou encore son efficacité énergétique.

 

Comprendre les besoins de chaque ménage

A l’enjeu de massification de la rénovation répond le défi de la diversité des ménages et de leurs situations. Pour atteindre nos objectifs de rénovation, il est plus que jamais nécessaire de proposer à chacun un dispositif d’incitation et un parcours de travaux par étapes cohérent et ordonné.

Dans son étude, l’ADEME a identifié cinq grandes logiques d’action vis-à-vis de la rénovation énergétique de leur logement : les ménages qui pratiquent l’entretien courant (24%), ceux qui font de l’amélioration à petits pas (42%), ceux qui font de la rénovation complète (6%), ceux qui ont bénéficié de l’effet booster des aides (16%) et ceux qui arbitrent, dans des travaux d’ampleur, entre l’énergie et d’autres postes de travaux (12%).

Ces catégories permettent de démystifier l’affirmation selon laquelle les Français ne réalisent pas de travaux. La plus grande majorité des ménages se projettent dans dynamique de travaux pas à pas autour de leur logement. Cependant, les ménages qui souhaitent réaliser des travaux n’ont pas encore le réflexe d’envisager l’amélioration de la performance énergétique dans leurs projets. Ainsi, il y a une nécessité d’informer ces ménages sur les enjeux énergétiques peu présents actuellement dans leur préoccupation. Sensibiliser sur les dispositifs d’incitation existants, communiquer positivement sur la rénovation énergétique sont autant de leviers d’actions permettant de faire rimer travaux avec énergie.