Si le débat public national sur la programmation pluriannuelle de l’énergie a démarré lundi 19 mars, le Commissariat Général au Développement Durable (CGEDD) en a également profité pour publier le bilan énergétique de la France pour 2016.

Ce  document rétrospectif donne une vision d’ensemble de la consommation et de l’utilisation de l’énergie en France, et fournit  des éléments précieux sur l’efficacité énergétique et la dépendance de la France vis-vis des autres pays en matière d’approvisionnement.

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Une baisse contrastée des consommations d’énergie

Selon le rapport, malgré un hiver plus froid qu’en 2015, la France a connu une baisse des consommations d’énergie primaire de 1,6%. Cela s’explique notamment par l’impact grandissant de l’efficacité énergétique ces dernières années.

Cependant, si ce chiffre global est optimiste il convient de le décomposer en distinguant par type d’énergie. A climat constant, on constate effectivement une baisse des consommations primaires de pétrole et de charbon, mais ce n’est pas le cas de l’électricité dont la consommation augmente pour la  deuxième année consécutive.

 

Une hausse importante des importations d’énergie

La facture énergétique de la France, c’est-à-dire le solde financier « importations – exportations » d’énergie, s’élève à 31,3 milliards d’euros en 2016. Ce déficit reposant essentiellement sur l’importation de pétrole et gaz mais également sur une importation d’électricité inhabituellement élevée au second semestre 2016.

Au regard de cette facture énergétique, on constate que la France produit uniquement la moitié de l’énergie primaire consommée sur son territoire. Il en découle des importations importantes qui pèsent sur la balance commerciale française.

 

La nécessite d’accentuer les efforts d’efficacité énergétique

Si nous voulons réduire notre dépendance énergétique et la facture énergétique de la France il est essentiel de réussir le défi de l’efficacité énergétique. L’objectif est simple, consommer moins l’énergie que nous importons et mieux l’énergie que nous produisons.

A ce titre, la France a pris la mesure de cet enjeu avec son plan de rénovation énergétique, qui devrait être présenté dans les prochains jours. Si ce plan vise principalement à la rénovation des logements, avec notamment l’objectif de rénover annuellement 150 000 passoires thermiquesil prévoit également d’accompagner l’évolution des compétences de la filière du bâtiment et le développement de l’innovation pour l’essor de solutions industrielles compétitives. Afin de pérenniser ces actions, il est important d’agir sur des leviers financiers.

Emmanuel Constantin, Chargé de mission Plan de rénovation à la DGEC a ainsi rappelé lors du débat Enerpresse, du 21 mars dernier : « qu’il fallait assumer la place prépondérante qu’ont les Certificats d’économies d’énergie dans le financement de la rénovation énergétique ». En effet, loin d’être uniquement une obligation réglementaire, les CEE contribuent à diversifier les offres d’amélioration de l’efficacité énergétique dans l’ensemble des secteurs (Résidentiel, Industriel, tertiaire…). Ce cercle vertueux devrait s’accentuer un peu plus avec la 4ème période du dispositif, qui permettra aux acteurs de trouver de nouveaux gisements d’économies d’énergie, contribuant à améliorer durablement l’efficacité énergétique en France.

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